Inspection d'ouvrages d'art et de ponts par cordiste
Inspection d’ouvrages d’art : le travail sur corde au service du génie civil
Ponts, viaducs, barrages, ouvrages portuaires et structures de génie civil doivent être inspectés et entretenus régulièrement pour garantir leur sécurité et leur durabilité. Or beaucoup de leurs parties — sous-faces de tablier, piles, appareils d’appui, parements — sont très difficiles d’accès : la nacelle sous tablier ou l’échafaudage suspendu y sont souvent techniquement impossibles à mettre en œuvre, ou exposeraient les travailleurs à un risque supérieur. Ces conditions correspondent au critère de recours en dernier ressort posé par l’article R.4323-64 du Code du travail : le cordiste y accède alors directement, sans ces moyens lourds.
Que peut-on réaliser sur corde ?
- Inspection détaillée : relevé de désordres, fissuration, corrosion, épaufrures.
- Contrôle non destructif (CND) selon les qualifications de l’opérateur.
- Petites réparations et purge d’éléments instables.
- Traitement anticorrosion et reprise de protection.
- Pose d’équipements : capteurs, dispositifs de sécurité, filets.
Pourquoi la corde pour les ouvrages d’art ?
| Critère | Apport du travail sur corde |
|---|---|
| Accès | Atteinte directe des sous-faces, piles et zones suspendues |
| Circulation | Impact réduit sur le trafic routier ou la navigation |
| Délai | Mobilisation rapide, pas de montage lourd |
| Coût | Dans les cas techniquement éligibles, l’absence de moyens d’accès spéciaux se traduit généralement par un coût global réduit |
Pour qui ?
Gestionnaires d’infrastructures, collectivités, bureaux d’études, entreprises de génie civil et de maintenance. Cette approche complète l’inspection et maintenance industrielle sur corde pour les structures non-bâtiment.
Cadre réglementaire (article R.4323-64)
Les techniques d’accès et de positionnement au moyen de cordes constituent un recours en dernier ressort, encadré par l’article R.4323-64 du Code du travail. Leur utilisation n’est autorisée que lorsqu’il est techniquement impossible de mettre en œuvre des équipements assurant une protection collective (échafaudage, nacelle, PEMP, plateforme), ou lorsque l’évaluation des risques établit que l’installation ou l’utilisation de tels équipements exposerait les travailleurs à un risque supérieur à celui de l’intervention sur cordes. Le coût ne peut en aucun cas constituer une justification légale du recours aux cordes. Une évaluation comparée des moyens d’accès est obligatoire avant tout choix. Par ailleurs, un plan de prévention (PDP) est exigé pour les travaux en hauteur dans le BTP au-delà de 3 m et/ou impliquant des entreprises extérieures (arrêté du 19 mars 1993 ; articles R.4512-6 et R.4512-7 du Code du travail). Ce paragraphe est fourni à titre informatif ; il ne constitue pas un conseil juridique.
Sécurité, qualification et traçabilité
L’intervention sur ouvrage d’art est exigeante : opérateurs certifiés CQP ou IRATA, double encordage, analyse de risques adaptée à l’environnement (circulation, eau, hauteur). Les contrôles réglementaires requièrent en outre la qualification correspondante. Cadre général : réglementation travaux en hauteur.
Questions fréquentes
Le cordiste remplace-t-il l’inspecteur d’ouvrage ?
Non : le cordiste assure l’accès et, selon ses qualifications, réalise ou assiste les relevés. Les inspections réglementaires restent encadrées par les qualifications dédiées.
Peut-on inspecter sans fermer l’ouvrage ?
Souvent oui, partiellement, grâce à l’accès par corde qui n’occupe pas la chaussée. Les modalités se définissent avec le gestionnaire.